La Société Belge de Buiatrie

 

Par Frédéric Rollin, Secrétaire-Trésorier de la Société Belge Francophone de Buiatrie, ASBL.

 

Je vous parle d’un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, un temps pas si éloigné où les moyens de communiquer l’information se bornaient au courrier postal, au téléphone fixe et au fax et où les formations proposées pour actualiser ses connaissances n’étaient pas encore pléthoriques.  C’est cette époque qui a vu naître la Société Belge de Buiatrie (SBB), le premier groupe scientifique de formation continuée en médecine vétérinaire en Belgique.

 

Tout est parti d’une idée émise en 1980 dans l’avion qui ramenait au pays la délégation belge au XIe Congrès Mondial de Buiatrie qui s’était tenu en Israël, à Tel-Aviv.  J’imagine aisément que les participants belges à ce congrès international bisannuel avaient été particulièrement enthousiasmés par les avancées scientifiques dans l’art de soigner les bovins entendues à cette occasion ainsi que par l’ambiance toujours empreinte d’une grande convivialité et d’échanges enrichissants qui caractérise le monde de la buiatrie, à tel point que, au retour, l’idée de reproduire tout cela à l’échelon national a dû s’imposer comme une évidence.

 

En tant que Président du Comité Fondateur, le Professeur Fernand Lomba a donné l’impulsion nécessaire à la création de la SBB, portée sur les fonds baptismaux le 11 mars 1981.  Cette naissance a été rapidement suivie par l’organisation à Cureghem-lez-Bruxelles, grâce au soutien moral et financier de l’USVB (Union Syndicale Vétérinaire Belge), de la première journée d’étude consacrée aux affections respiratoires enzootiques des jeunes bovins.  Il faut probablement déjà voir dans le choix de ce thème la griffe de celui qui allait consacrer une grande partie de sa carrière scientifique à la physiologie et la physiopathologie du système respiratoire des grands animaux et qui a endossé, pendant 15 ans, le rôle combien ingrat de secrétaire-trésorier de la SBB, le Professeur Pierre Lekeux.  L’expérience, les réussites et les relations qu’il a acquises dans ce cadre ne sont d’ailleurs certainement pas étrangères à sa désignation, en 1988, au poste de secrétaire général de la Société Mondiale de Buiatrie (WAB pour World Association for Buiatrics).  Il convient de préciser que, dès le départ, la SBB a été affiliée à la WAB et qu’elle comporte 2 comités régionaux, un francophone (SBFB) et un néerlandophone (VVB : Vlaamse Veriniging voor Buiatrie).

 

Le beau succès rencontré par la première édition (plus de 230 praticiens présents) a encouragé le comité organisateur à renouveler cette journée d’étude, d’abord à un rythme annuel, porté qu’il était par l’engouement général, ensuite tous les 2 ans.  Les premières élections pour désigner les membres des comités régionaux se sont tenues lors de l’Assemblée Générale du 25 septembre 1982, à l’occasion de la journée d’étude sur la physiopathologie des réservoirs gastriques des bovins.  C’est à ce premier comité qu’il est revenu de proposer les statuts définitifs de la SBB.  Le poste de Président du comité francophone a toujours été occupé par un praticien rural reconnu par ses pairs pour ses qualités professionnelles, éthiques et de meneur: Ghislain Jacobs pendant 10 ans, Marc Dive à sa suite durant 14 ans, Peter Haas depuis 4 ans.  Les mérites des vice-présidents successifs n’étaient pas moindres, avec des praticiens dévoués comme Léonard Marchand, Ghislain Senden, Jean-Marie Lecomte et Christophe Uystepruyst.  Le rôle de secrétaire-trésorier, cheville ouvrière de l’organisation des congrès successifs, a toujours été assuré par un membre de la Faculté, le Professeur Pierre Lekeux jusqu’en 1995, aidé dans cette tâche à partir de 1991 par Frédéric Rollin qui allait ensuite reprendre le flambeau.

 

Au début, la journée d’étude traitait d’un thème en particulier (l’infécondité bovine en 1983, l’adaptation du veau à la vie extra-utérine en 1985, l’optimalisation de la production de viande bovine 2 ans plus tard, la chirurgie en 1989) mais, à partir de 1991, le besoin s’est fait sentir de diversifier les conférences, pour permettre d’aborder aussi les sujets d’actualité d’une part (BSE, fièvre aphteuse, FCO …) et pour attirer un public plus large, d’autre part.  A chaque fois, les meilleurs conférenciers nationaux et internationaux étaient recherchés qui faisaient la réputation de la journée de buiatrie : les Professeurs Jacques Espinasse, Matthaeus Stöber, Yves Ruckebusch, Joao Cannas da Silva et Emile Bouchard en sont d’illustres exemples venus de l’étranger.  Mais la tribune était aussi régulièrement donnée à de plus jeunes, histoire qu’ils puissent faire leurs armes en « affrontant » l’impressionnante assistance constituée de praticiens chevronnés.  Il convient de préciser qu’une part importante du temps de parole, et c’est une particularité de la SBB, a toujours été consacrée à la séance de questions-réponses, exercice périlleux et stressant s’il en est.

 

Parallèlement à ces journées d’étude et en alternance avec celles-ci, la SBFB n’a jamais failli à son rôle de promotion, également essentiel, auprès des praticiens et de la sphère académique, du congrès mondial de buiatrie organisé tous les 2 ans par la WAB, l’association mère de toutes les autres disséminées sur les 5 continents.  La mise sur pied par l’un ou l’autre membre motivé et dévoué de la SBFB (citons en particulier les Docteurs Jean-Marie Lecomte et Josy Arendt), en prélude ou à la fin de ces congrès, d’un passionnant voyage de découverte du pays d’accueil contribue largement à expliquer le nombre important de délégués belges participant habituellement à ces formations de remise à niveau incontournables. Ces périples aux 4 coins du monde, empreints d’énormément de bonne humeur et de convivialité, souvent aussi de la gouaille propre aux praticiens ruraux, ont laissé des souvenirs mémorables à tous ceux qui les ont vécus, accompagnés ou non de leur moitié ou de leur progéniture.

 

De son côté, le comité néerlandophone (VVB) organise traditionnellement son après-midi d’étude sur une base annuelle.  Les relations entretenues avec les collègues francophones ont toujours été excellentes au point que, pour fêter dignement le 20e et le 25e anniversaire de la SBB, un congrès national a été organisé en commun à Bruges en 2000 et à Seneffe en 2005.  Pour le 30e anniversaire qui coïncide avec le 175e de notre alma mater, les deux comités se sont à nouveau associés et collaborent étroitement à l’organisation d’un congrès international programmé les 8 et 9 septembre 2011 au Sart Tilman.  Celui-ci accueillera les spécialistes européens en gestion de la santé bovine qui font partie du collège du même nom (ECBHM pour European College of Bovine Health Management).  La SBB partageant de nombreux objectifs avec ce collège de spécialistes, il s’agit d’une opportunité unique de mieux faire connaître au reste de l’Europe la race bovine Blanc-Bleu Belge ainsi que le travail quotidien des praticiens exceptionnels qui ont permis sa sélection, tout en se tenant informé des dernières avancées en matière de traitement et de prévention des maladies bovines et d’optimisation de leurs productions.

 

Puissent ce dynamisme et cette volonté d’actualiser ses connaissances se perpétuer et se transmettre aux futures générations de médecins vétérinaires ruraux, du moins aussi longtemps que l’élevage des bovins conservera une place non négligeable dans notre petit pays.

 

© 2015 par Société Belge Francophone de Buiatrie. Liege, Belgique. Créé avec Wix.com

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