top of page

Bronchite vermineuse sévère - Cas d'autopsie mensuel - Février 2023

La Société Belge Francophone de Buiatrie (SBFB) enquête sur le terrain et vous propose de découvrir chaque mois un cas d'autopsie bovine !


Découvrez ici la publication de janvier !

Un coup d'œil dans le rétroviseur de la salle d'autopsie pour vous parler d'un cas spectaculaire de bronchite vermineuse sur une Pie-Noire Holstein.

Bonne lecture !



La SBFB enquête sur le terrain…





La SBFB,

en collaboration avec le département de pathologie et morphologie de la faculté de médecine vétérinaire de Liège (DMP) ainsi que le département clinique des animaux de production (DCP),

vous présente le cas du mois :


«Une bronchite vermineuse sévère sur une PN Holstein adulte»



1) Anamnèse


Bovin Pie-noire Holstein femelle de 14 ans pesant 469 kg.


Vache référée pour pneumonie ne répondant pas au traitement médicamenteux.

Vache vêlée depuis 3 semaines ayant présenté des symptômes respiratoires 3 jours après son vêlage et traitée pendant 15 jours sur une base de tylosine et corticoïdes.

Forte chute en lait.

Avant vêlage, l’animal se trouvait en prairie sur des regains.

C’est le 7ème cas de pneumonie dans l’exploitation avec 4 mortalités, toutes dans le mois après le vêlage. De nombreux avortements ont également été constatés durant le dernier mois de gestation en prairie.


Examen clinique : (30/10)


Attitude (Anatomique) : Debout

Psychisme : Abattu

Comportement : Normal

Etat du poil : sale

Score Corporel : 1,5


Respiratoire

Fréquence : 36

Type : Abdominal

Rythme : 2


Température

Rectale : 38.5

Extrémités : chaudes


Cardio-vasculaire

Fréquence : 80

Amplitude : diminuée

Choc précordial : Normal

TRC (sec) : >3

Capillaires de la sclérotique : >3

Pli de peau (sec) : persistant

Énophtalmie (mm) : 3


Muqueuses

Buccales, oculaires et génitales : sales.


Ganglions

Sous-maxillaires, pré-scapulaires et pré-cruraux : normaux.


Examen spécial (systèmes propédeutiques)

Inspection à l'arrêt et en mouvement : Encolure tirée, tête tirant vers le bas, dyspnée expiratoire avec plainte expiratoire, toux faible, jetage muqueux non purulent.

Percussion : augmentation de l’aire de percussion d’un travers de main à gauche et à droite, son tympanique à la percussion (emphysème).


Auscultation : Présence de sifflements à l’auscultation, souffle laryngo-trachéal fortement augmenté.


Examens complémentaires :


(30.10) - IgG test au Glutal : Coagulé en 3 min


Test au Glutal : Test de détection de taux élevés de gammaglobulines et de fibrinogène dans le sang des bovins)


Diagnostic différentiel :


- Broncho-pneumonie enzootique infectieuse (d’origine bactérienne, virale)

- Bronchite vermineuse


Pronostic :


Au vu du pronostic sombre de l’animal, aucuns frais d’examens complémentaires supplémentaires n’ont été réalisés, et l’euthanasie a été recommandée.



2) Autopsie


Cette vache, autopsiée le 31/10, était dans un état d’embonpoint correct.


L’examen nécropsique a révélé des lésions essentiellement pulmonaires.

Les poumons étaient extrêmement volumineux et légers avec présence d’un emphysème diffus très sévère.


(fig 1 - poumons volumineux, emphysème diffus - DCP)


Au niveau de la face ventrale des lobes diaphragmatiques, étaient présents des foyers rougeâtres avec un test de docimasie positif suggérant des zones de pneumonie correspondant à l’entrée de parasites de type dictyocaulus viviparus que l’on retrouvait de façon incroyablement massive dans toutes les voies respiratoires.


(Fig 2 - infestation massive à dictyocaulus viviparus - DCP)

(Fig 3 - Invasion bronchique massive de dictyocaulus viviparus - DCP)


Le parenchyme pulmonaire apparaissait globalement assez pâle mais son examen de près révélait un aspect hétérogène suggérant des lésions de pneumonie interstitielle.


(Fig 4 - pneumonie interstitielle parasitaire - DCP)


Aucune autre lésion macroscopique significative n’a été observée. Le diagnostic final était donc une bronchite vermineuse.


3) Discussion


Cycle de Dictyocaulus Viviparus (nématode, 5 à 15 cm de long, couleur blanchâtre)


Les adultes se localisent au niveau des grosses bronches.

Les femelles pondent des œufs qui éclosent immédiatement, libérant des larves L1 (taille 300 µm), remontent l'arbre bronchique et sont dégluties.

Elles se retrouvent dans le tube digestif et sont éliminées avec les fèces.

(Fig. 5 - cycle parasitaire Dictyocaulus viviparus)


Ces larves L1 deviennent infestantes sur les pâtures.

Elles sont ingérées au stade L3.

Elles traversent la muqueuse intestinale et remontent par voie lymphatique.

Elles muent au niveau des ganglions mésentériques (L4), ce qui stimule la réponse immune, puis elles poursuivent leur migration, rejoignent le système sanguin, le cœur et, enfin, les artères pulmonaires qu'elles franchissent pour atteindre les alvéoles pulmonaires (L5).

Elles s'installent finalement au niveau des bronches (stade adulte).


La période prépatente, le temps qui sépare l’infestation du moment où les formes de dissémination (œufs, larves…) sont retrouvées dans le milieu extérieur, dure généralement 3 à 4 semaines, mais elle peut atteindre jusqu’à 150 jours lors d’hypobiose (phénomène biologique consistant en l’arrêt du développement endogène des larves en stade L5 pour D.viviparus qui mènent alors une vie ralentie).

Ce stade constitue une forme de résistance. Le parasite (stade L5) reste « en sommeil » dans les voies aérifères de l’hôte où il peut survivre tout l’hiver.

Au printemps, le parasite reprendra son évolution jusqu’à atteindre sa maturité sexuelle. Cette forme de survie est la source la plus importante de réinfestation des pâtures au printemps.

(Fig.6 - cycle évolutif de Dictyocaulus viviparus)

Signes cliniques


- Toux forte de type bronchique, avec éventuellement extension de l'encolure et langue qui sort de la bouche. Exacerbée lors d'efforts (course, déplacement…).

- Essoufflement, jetage nasal. Pas d'hyperthermie dans la phase initiale.

- Perte d'appétit, amaigrissement.

- Baisse de production.

- Syndrome asthmatiforme avec œdème du poumon (phénomène allergique) dans des conditions épidémiologiques particulières (forte infestation sur un animal immunisé), pouvant conduire à la mort.


(Fig.7 - Toux sévère et ptyalisme sur bovin parasité)


Lésions


Une première action pathogène a lieu lorsque les larves pénètrent et migrent dans les bronchioles et alvéoles pulmonaires (inflammation, traumatisme).

Ensuite, l'installation des adultes de grande taille dans les bronches provoque également de l'inflammation et une obstruction.

La ponte d'œufs et de larves qui vont parfois tomber dans les alvéoles pulmonaires provoquent une obstruction par corps étrangers.


Macroscopiquement, les poumons présentent des zones d’atélectasie (couleur rouge sombre, en dépression et de consistance dense), des lésions d’emphysème superficiel (zones distendues, crépitantes à la palpation), des zones de pneumonie (surtout dans les parties postérieures des poumons).

La trachée et les bronches contiennent un mucus très abondant, spumeux avec des parasites bien visibles. La muqueuse est épaissie, veloutée, grisâtre, avec des zones congestionnées.

Les nœuds lymphatiques, principalement ceux drainant les poumons, sont hypertrophiés.(Camuset et Dorchies, 1999)


Histopathologiquement, on note un épaississement de la paroi des alvéoles, qui renferment des macrophages, des leucocytes éosinophiles et des larves dans la lumière alvéolaire entourées par des cellules géantes.

Ainsi, on note une desquamation de l’épithélium bronchique.


(Fig. 8 - : Poumon, Ovin; Infiltrat inflammatoire péri-bronchiolaire (Flèche). En haut de l’image un emphysème (E) avec destruction des parois alvéolaires.)


Dans le syndrome aigu bronchopulmonaire, les lésions intéressent les poumons et les petites bronches. On note la dominance de l’œdème pulmonaire. Les poumons sont détrempés montrant des emphysèmes interstitiels.

Une péribronchiolite associée à l'infiltration éosinophilique et lymphocytaire et une présence des larves de Dictyocaulus est encore observée. (Dakkak, 2003)


(Fig 9 - Poumon, Ovin; bronchite avec Hyperplasie (H), destruction de l’épithélium (D) et présence de débris cellulaires. Noter la présence de Dictyocaulus filaria dans la lumière bronchique.)


Lors de traitement tardif, des séquelles de type fibrose pulmonaire peuvent apparaître.


Facteurs de risques - Epidémiologie - Immunité


Plusieurs facteurs de risques spécifiques à notre cas sont à mentionner :


--> l'âge de la vache (14 ans) ainsi que le stade de son cycle (post-partum) ont joué un rôle défavorable d'un point de vue du statut immunitaire de l'animal.


--> la période de l'année (automne), correspondant généralement à une augmentation de la pression parasitaire via des conditions climatiques plus humides et un ralentissement de la croissance de l'herbe.


D'un point de vue épidémiologique, les sources de larves sont diverses :


- soit elles survivent à l’hiver dans le milieu extérieur, et les pâtures sont alors à l’origine d’une contamination résiduelle. Les larves L3 (forme de dissémination dans les pâtures) sont sensibles au froid et à la sécheresse mais elles ont la capacité de survivre pendant l'hiver chez des hôtes paraténiques (vers de terre, coléoptères, …), de rester au frais dans les bouses en été.

Ainsi, même après un hiver rigoureux, un printemps doux et humide suivi d'une période estivale sans sécheresse (avec quelques orages) peut favoriser l'émergence de la maladie.


- soit, et c’est le cas le plus fréquent, il existe des porteurs latents qui contamineront les pâtures précocement dès la sortie aux pâturages. Ces individus sont porteurs de quelques vers adultes ou de stades inhibés dans leurs poumons.


Remarque : bien que la bronchite vermineuse soit principalement une maladie de prairie, des contaminations à l'étable sont décrites (animaux n'ayant pas d'accès extérieur), l'infestation se réalisant via les bouses des animaux qui reviennent de pâture.


Historiquement, ce ver pulmonaire touchait plutôt les jeunes bovins en 1ère et 2ème année de pâturage. Du fait de la généralisation des traitements antiparasitaires sur ces jeunes animaux, l’infestation est désormais surtout observée chez les adultes en été ou en automne.


L'apparition de la bronchite vermineuse est liée de façon directe à la charge parasitaire à laquelle est soumis le bovin et à son immunité vis à vis de cette infestation.


La réaction immunitaire vis à vis des dictyocaules est précoce (séroconversion à partir de la 4ème semaine), avec un impact certain mais de pérennité limitée (diminue en 5 à 6 semaines sans contact et au bout de 14 semaines, les Ac disparaissent).


Cette immunité entraîne la réduction puis l'anéantissement des capacités reproductrices du parasite, ce qui explique que la période de reproduction présente une durée limitée, de 40 à 60 jours.

Toutefois, il faut tenir compte du haut potentiel reproducteur du parasite durant ce laps de temps.

En effet, une femelle peut pondre jusqu'à 40 000 œufs par jour et un animal parasité déposera des millions de larves sur la pâture.

La dissémination de ces larves peut être favorisée par un champignon présent sur les bouses, le Pilobolus.

(Fig 10 - Pilobolus sur matière fécale - Jean-Claude Chasle)


La larve s’accole au sporange du Pilobolus et lorsqu'il éclate, elle peut être projetée à 2 ou 3 mètres de la bouse initiale et peut ainsi contaminer l’ensemble de la pâture et même les prairies voisines.

(Fig 11 - Sporanges de Pilobolus - Thierry Duchemin)


Dans un troupeau où la dictyocaulose est endémique, 20 à 30% des animaux adultes sont porteurs latents et constituent le réservoir du parasite (essentiellement les mères).

Attention également à l'achat de porteurs latents au sein d'un troupeau.


Dans certains cas, des pré-adultes ou des adultes avec un statut immunitaire établi peuvent présenter des symptômes de réinfestation tels que décrits plus haut (phénomène allergique avec œdème du poumon) s'ils sont confrontés à une forte infestation.


Diagnostic


Outre les symptômes cliniques, le diagnostic peut être confirmé via la coprologie par recherche de larves L1 de Dictyocaulus sur les fèces.

Les larves étant fragiles, le diagnostic doit être réalisé dans les 12h qui suivent le prélèvement.

(Attention au fait que le test peut être négatif en début d'évolution, les larves n'ayant pas encore quitté le poumon. De même, en fin de saison, l'immunité des animaux limite la ponte des vers)


Une recherche d'Ac Elisa est également possible sur le sérum et le lait. Mais les sensibilités et spécificités sont très variables d'une étude à l'autre.


Il est également possible de mettre les larves en évidence via un lavage broncho-alvéolaire (BAL), voire dans le mucus (sputum) expulsé lors de la toux.


Traitement


Médicamenteux :


Toutes les molécules disponibles sont très efficaces sur D. viviparus et très peu de résistances sont rapportées pour ce parasite.


Seul le lévamisole agit rapidement mais n'a pas de rémanence.

Cette molécule induit une paralysie spastique des parasites, ce qui facilite leur élimination, alors que les avermectines entrainent une paralysie flasque.

Il tue rapidement les parasites mais peut provoquer des œdèmes aigus du poumon lors de fortes infestations et peut également provoquer la mort de l'animal par aspiration de vers tués en grand nombre.


Seules l’éprinomectine et la moxidectine sont utilisables sur les vaches laitières en lactation, avec un temps d’attente pour la moxidectine. L’utilisation d’anthelminthiques sur les vaches en lactation est donc assez restreinte et les éleveurs sont généralement réticents à les utiliser sur les vaches productrices en raison des temps d’attente.


Les avermectines et les milbémycines ont une action rémanente qui permet de protéger les animaux contre les réinfestations tout au long de la période de rémanence.

L’utilisation de molécules rémanentes est conseillée si le troupeau pâture sur un nombre limité de parcelles fortement contaminées. Sinon, on conseille de placer le troupeau sur une pâture faiblement contaminée 48h après le traitement ce qui permet d’éviter de contaminer la nouvelle pâture tout en limitant les réinfestations.

Cette stratégie présente deux limites, d’une part elle limite le développement d’une immunité protectrice du troupeau, et d’autre part, si les conditions climatiques sont favorables, elle conserve une forte pression parasitaire sur la parcelle.


Les benzimidazoles sont également actifs mais non rémanents. On préconise un traitement sur 2 jours d'affilée en raison d'une plus faible diffusion pulmonaire.



Sanitaire :


Les mesures sanitaires intégreront essentiellement des mesures de gestion des parcelles (changement de parcelles, évaluation du niveau de contamination en fonction des catégories d'animaux qui y ont pâturé, de la densité, des alternances fauche/pâturage…).


La mesure principale pour limiter la survenue de cas cliniques de dictyocaulose est la rotation de pâture.


L’autre mesure importante est la séparation des classes d’âge au pâturage.

En effet, les animaux de première saison de pâturage ne sont pas du tout immunisés contre la dictyocaulose.

S’ils sont introduits dans un troupeau déjà immunisé et même si les pâtures sont faiblement infestées, ils seront fortement excréteurs de L3.

Cela risque de surpasser l’immunité du troupeau et d’entrainer des cas cliniques chez les individus immunisés.

Il est donc important de regrouper les classes d’âges et d’éviter de placer les animaux non immunisés sur des pâtures fortement contaminées.


Notons que les veaux mis au pis représentent un moyen de prévenir la maladie.

De par une faible mais régulière infestation, ils stimulent leur immunité sans pour autant tomber malades. Toutefois, la difficulté principale est d'entretenir cette immunité (courte) sur le plus long terme, les conditions climatiques étant parfois défavorables au parasite (sécheresse).


Vaccinal :


Bovilis Longworm® (M.S.D)

Le vaccin n’est pas disponible en Belgique, il faut le faire venir des Pays-Bas.


S’applique aux veaux de plus de 2 mois n’ayant JAMAIS été en pâture.

Il faut deux administrations orales à 4 semaines d’intervalle. La mise en pâture se fera alors 2 semaines après la deuxième dose (ex : vacciner des veaux fin mars et la deuxième administration fin avril pour une sortie en prairie au 15 mai).

Toutefois, il ne faut pas mettre les veaux directement sur une prairie potentiellement contaminée (il faut une prairie fauchée ou inoccupée depuis l’automne passé) ni mélanger les veaux vaccinés et non vaccinés sur la même prairie.

Le plus important est de ne pas vermifuger les veaux dans le mois qui suit la vaccination (le vaccin est vivant et les vers doivent pouvoir se développer).


Mais en conséquence de divers facteurs, tels que :


- le changement de gestion du jeune bétail (qui reste parfois sur étable jusqu'à la reproduction)

- les variations climatiques entraînant un manque de prédictibilité d'une année à risques ou non

- les facteurs épidémiologiques décrits plus haut qui favorisent le développement de la maladie sur des animaux plus âgés et moins sur le jeune bétail

- le coût du vaccin et sa durée de conservation courte (vaccin vivant)


son utilisation systématique est peu répandue.




Remerciements :


- au Dr CASSART Dominique (DMP) – Service d’Autopsie (FMV, ULiège)

- au Professeur ROLLIN Frédéric et au Dr EPPE Justine – Pôle ruminants (FMV, ULiège)

pour leur aide et leur support technique.


Pour la Société Belge Francophone de Buiatrie,

Dr Henrard Pascal





Sources :


- "La strongylose respiratoire ou dictyocaulose" - Maladie des bovins (3ième édition) - Institut de l'élevage - p128 à 131

- "Le diagnostic de la dictyocaulose bovine par le lavage broncho-alvéolaire : Etude comparative" - Thèse de doctorat - LURIER Thibaut - Lyon 2016

- "Strongyloses respiratoires des ruminants domestiques" - Dr KOUIDRI Mokhtaria - Université Ibn Khaldoun Tiaret - 2019

- "La dictyocaulose, bronchite vermineuse ou strongylose respiratoire. Des conditions météorologiques favorables" - Dr Boris BOUBET - GDS Creuse - 2021

- "La bronchite vermineuse" - Dr ELISSALDE Nicolas - GDS 44 - 2021

- "Alerte bronchite vermineuse : une surveillance à renforcer dans certains troupeaux" - Dr GUERIN Didier - La creuse agricole - 2009

- "Toux en été : la bronchite vermineuse n'est pas toujours responsable" - Dr CUMINET Jean-Michel

- Fiche technique - Dictyocaulose ou bronchite vermineuse" - GDS Eure

- " Bronchite vermineuse et gale, Calendrier des traitements avant la saison de pâture " - Dr Caroline Vanvinckenroye - Natagriwal - Walonie élevage - 2015

- "Pilobolus Kleinii - Myco DB - Base de données mycologiques


コメント


bottom of page